Le temps de ...
Et si, enfin, on cessait de courir?
Si, juste pour un instant, on s'arrêtait pour goûter à ce qui est là, dans ce moment que l’on a peut-être trop souvent délaissé?
Le temps…
Il file, nous échappe, nous obsède.
On le gère, on le calcule, on le morcelle, on le vend et on l'achète, comme s’il n’était qu’une ressource parmi tant d’autres.
Mais que se passerait-il si nous décidions, ensemble, de lui rendre sa liberté?
De le vivre, tout simplement, sans chercher à l’optimiser ou à le remplir coûte que coûte?
Je ressens, comme peut-être beaucoup d'entre nous, cette pression de faire plus, d’aller plus vite, de cocher toujours plus de cases.
Le sentiment persistant que notre valeur se mesure à ce que l’on produit, à ce que l’on accomplit en une heure, une journée, une vie.
Et pourtant, quelque chose en moi, quelque chose de profondément ancré, murmure que le véritable trésor n’est pas là.
Que la vie n’est pas dans la performance ou dans l'accumulation des faits, des savoirs et des tâches accomplies, mais bien dans les creux et les respirations.
Dans ces instants que l’on ne peut ni programmer ni anticiper.
Dans cette présence que l’on accorde aux autres, aux moments que l’on partage, aux émotions que l’on ose ressentir.
J’ai souvent l’impression que nous passons à côté de l’essentiel.
Que la beauté, l’intensité même de la vie réside dans ce qui ne se contrôle pas, dans ce qui se vit au rythme du cœur, de l’intuition.
Mais pour accéder à cette richesse-là, il faut parfois désapprendre.
Désapprendre à courir, désapprendre à tout planifier, désapprendre à vouloir optimiser chaque instant comme si nous étions en constante compétition avec le temps.
Cela demande du courage.
Cela demande d'accepter la vulnérabilité qui vient avec le fait de se laisser toucher par ce qui est là, par la simplicité d’un moment partagé ou d’un silence que l’on écoute vraiment.
Alors, et si nous prenions ce temps?
Non pas un temps de plus, mais un temps autrement.
Un temps où l’on choisit d’être présent, de ressentir, de traverser les tempêtes plutôt que de toujours chercher à les éviter.
Un temps où l’on prendrait le risque de se laisser transformer par les rencontres, par les petites joies imprévues, par les douleurs aussi.
Car vivre le temps pleinement, c’est accepter de le vivre tout entier, avec ses moments lumineux comme avec ses ombres.
C'est dans cet esprit là que j'ai souhaité offrir un espace de recul et d'expérimentation aux 3 entreprises qui joindront le projet “Renouer le lien à l'intérieur des entreprises”. La pratique des solidarités prend du temps, des moments, des rencontres.
Et ce temps, ces espaces, transforment, sur un temps long, nos pratiques, nos “normes", nos politiques tangibles aussi. Mais aussi, notre sentiment d'être en santé, la durabilité de l'entreprise, l'engagement des humains, leur détresse, leur sens, leur motivation, leur implication, leur rétention. TOUT EST DANS TOUT.
C’est dans cet esprit là aussi que j’aimerais introduire la nouvelle série du balado, Le temps de..., qui se veut un espace d’exploration, encore et toujours.
Une invitation à écouter ceux qui, à leur manière, ont choisi d’habiter leur temps différemment.
Les invités viendront ici non pas pour nous dire quoi faire, mais pour nous partager leur propre cheminement, leurs doutes, leurs moments de clarté, et peut-être même leurs hésitations.
Nous parlerons de ce temps qui n’est pas forcément productif, mais qui est vivant.
De ces choix qui, parfois, nous amènent à sortir des sentiers battus pour nous permettre d’entrer en contact avec ce qui est profondément humain.
Que ce soit le temps de douter, de rêver, de se perdre ou de se retrouver, chaque épisode sera une invitation à questionner notre propre relation avec le temps.
En ouvrant cet espace, j’ai l’espoir que nous puissions redécouvrir ensemble la profondeur de ces moments où l’on ne fait rien d’autre que d’être.

